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Inéligibles ! // Une contribution de Samuel Doux, réalisateur, scénariste, écrivain

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Sarkozy n’a aucune morale, aucune valeur, c’est une grosse baltringue.

Il y en a d’autres en politique. À gauche à droite, dans les syndicats, partout. Mais Nicolas Sarkozy a ce petit truc un plus : il a quand même été président de notre république. Il a occupé la plus exemplaire fonction de l’état mais il l’a fait comme l’armée allemande a occupé Paris : pour défiler sur la plus belle avenue du monde. Il parade. Il sourit. Il est important. Dernier souvenir en date ? Cet homme sur talonnette qui, à la place d’avoir en tête les corps criblés de balles de ses compatriotes, se demandait comment contourner tel ou tel garde du corps pour se retrouver en première ligne face aux médias, le graal !

C’est moche.

Qui peut avoir envie d’être représenté par ça ? Qu’il soit de droite m’ennuie. Je ne veux pas qu’on pense : acharnement partisan. Je ne veux pas non plus qu’on pense tous pourris. Ce n’est pas ça. Seulement Sarkozy est devenu un emblème. Il est devenu l’incarnation de ce que nous ne devons plus supporter : Un homme prêt à transgresser la loi pour finalement la dominer.

Aujourd’hui cet homme est impliqué dans pas moins de 7 affaires douteuses. Remboursement de l’UMP, écoutes illégales, sondages de l’Élysée sans appel d’offre, financement de l’UMP par la Libye, affaire Bygmalion et enfin l’affaire Tapie. Comment peut-on imaginer que cet homme nous représente d’une quelconque manière ?

Mais il n’y a pas que lui. Un certain nombre de femmes et d’hommes politiques impliqués ou même carrément coupables d’affaires comme celles-ci occupent encore une représentation nationale, cela devrait nous donner envie de renverser l’Assemblée et l’État avec. Comment se fait-il que pour devenir policier il soit nécessaire d’avoir un casier judiciaire vierge, mais pas pour s’asseoir sur les bancs de l’Assemblée Nationale ?

Voilà une nouvelle proposition très simple à mettre en place : dés qu’un membre de la classe politique est mis en examen, et a fortiori lorsqu’il a été reconnu coupable, il devient automatiquement inéligible et à vie. Et s’il a le service public chevillé au corps il trouvera bien, par la suite, une place dans le monde associatif. Il pourra s’y rendre utile. La confiance a rétablir entre nous et la politique est à ce prix là.

Comment croire à la force et à l’utilité du vote quand l’exemplarité de ceux qui nous représentent n’est pas assurée ? Les femmes et les hommes politiques ont des devoirs, des responsabilités, ils ne peuvent faillir, nous ne l’autorisons pas. Si notre loi était voté demain. Nicolas Sarkozy, mis en examen l’été dernier, ne pourrait plus se présenter à aucune élection. Avec lui un grand nombre de femmes et d’hommes politiques devraient quitter leur fonction.

Se serait le début… De quelque chose.

http://www.lefigaro.fr/politique/2014/09/20/01002-20140920ARTFIG00025-ces-affaires-judiciaires-dans-lesquelles-apparait-nicolas-sarkozy.php

8 réflexions sur “Inéligibles ! // Une contribution de Samuel Doux, réalisateur, scénariste, écrivain

  1. Je ne suis pas spécialiste de droit, encore moins de procédure pénale, mais il me semble que l’inéligibilité (à vie, qui plus est!) devrait pour être prononcée être conditionnée non pas à la mise en examen mais à l’établissement de la culpabilité. La mise en examen étant l’équivalent moderne de l’inculpation, on est tout de même présumé innocent jusqu’à preuve du contraire, me semble-t-il. Sauf à remettre gravement en cause l’équilibre des pouvoirs en attribuant à l’autorité judiciaire un empire exorbitant sur le Parlement (législatif) et le duo Chef de l’Etat/Chef du Gouvernement (exécutif). En revanche, une suspension des attributs et compétences liés à la fonction exercée tant que dure la mise en examen me semblerait juste – et pas si compliquée à mettre en place. Un ministre est mis en examen : il est suspendu de ses fonctions et un ministre intérimaire ou suppléant est nommé à sa place par le Président de la République sur proposition du Premier Ministre (Art. 8 de la Constitution). (Il n’en manquerait pas pour répondre à l’appel.) Dans le cas d’un parlementaire, idem : un suppléant est appelé à occuper le siège au Parlement en attendant la fin de la procédure.

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    • C’est évidemment très juste. La suspension le temps d’une procédure et l’inéligibilité s’il est reconnu coupable. Ça ne règle pas tout à fait l’autre question soulevée et qui est passionnante : la question de la justice. Ces interdits pourraient faire jouer des forces pour favoriser ou défavoriser tel ou tel candidat. Une telles décision ne devrait donc se prendre qu’à la condition d’une justice parfaitement indépendante et non partisane. Et là cela dépasse un peu mes compétences. Mais si un juriste passe par là nous serions Eric Forestier moi-même très preneur de son avis sur tout ça…

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  2. Voilà un article qui me fait rêver! J’irais volontiers dans la rue pour défendre une telle loi, et il se trouverait bien quelques députés pour la soutenir, mais on a le temps de voir venir, avant qu’une majorité de nos… plus de 900 parlementaires la votent, sachant que pour bon nombre d’entre eux, cela reviendrait à se tirer une balle dans le pied ou dans celui de l’ami de 30 ans.
    Et puis, il y aurait au moins deux problèmes à la mise en place d’une telle législation:

    1) L’inéligibilité ne pourrait s’appliquer qu’à une personne définitivement condamnée (principe de la présomption d’innocence). Or, il suffit d’observer le cas de Jean Tibéri, condamné de façon ferme après avoir usé son dernier recours, le 3 mars 2015 pour des faits remontant à 1989! Le monsieur a 80 ans, son dernier mandat de maire du 75005 s’est tranquillement terminé en avril 2014. Ces gens là savent s’entourer de spécialistes pour faire durer les procédures. Alors le temps qu’un élu soit condamné, il aura déjà largement fini son mandat.

    2) Qui resterait pour diriger notre pays? C’est à la fois drôle et triste, mais il suffit de regarder ce genre de listes d’élus condamnés pour se dire que s’il fallait un casier judiciaire vierge pour être éligible, cette caste qui est au pouvoir aujourd’hui disparaîtrait dans sa grande majorité, et il ne resterait pas grand monde pour diriger le pays, les régions, les grandes villes et les institutions : http://blogs.mediapart.fr/blog/ribouldingue/130413/tous-pourris

    Après, une initiative citoyenne, c’est cool, mais que ce soit au niveau de l’europe ou de la france, je ne vois pas trop comment ce genre d’initiative pourrait avoir un impact. Franchement, à part les fourches, je ne vois pas quelles armes nous avons contre ces gens là! 😉

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    • Cher Aurélien, merci de votre soutien et je pense comme vous qu’il serait complexe de faire adopter une telle loi. Je me permettrais cependant de vous reprendre sur des points de sémantique. Je ne suis pas très convaincu par l’utilisation de periphrases comme « ces gens-là » ou « pour bon nombre d’entre eux. » Ainsi on définit une fracture qui met le camp d’en face dans un panier indistinct ce qui est très loin d’être le cas sur la question de l’honnêteté et de l’exemplarité des hommes et des femmes politiques. Donc si je souscris à votre colère, je crois que nous devons faire attention à ne pas la mettre au service d’un grand tout qui fait perdre la mesure des choses. Je ne crois pas en effet que les fourches soient une bonne solutions, ni une solution du tout. Je vous renvoies à la lecture d’un livre qui éclaire très bien et donne de bonnes pistes sur ces questions : http://www.actes-sud.fr/catalogue/pochebabel/contre-les-elections-babel qui d’ailleurs parle des initiatives citoyennes et de nombres d’autres solutions électives pour repenser notre rapport à la politique.

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      • Bonjour Samuel, Vous avez raison, soyons précis: dans mon message, « ces gens là » qualifie ceux dont nous parlons, à savoir ces politiciens corrompus qui mériteraient l’inéligibilité. Il ne s’agit pas de dénigrer la classe politique dans son intégralité, il y a certaines personnalités dont je suis convaincu de l’intégrité, et tous ceux qui ne se font pas prendre doivent avoir le bénéfice du doute! ;).
        Cependant, je suis affligé de voir les « affaires » se multiplier dans les sphères politiques, de la villa à Marrakech au HLM du plessis, les diplômes bidons, les conseils pour le labo pharma, les phobies administratives, plusieurs dizaines de parlementaires qui ont des « petites difficultés » avec le fisc, et je pourrais en faire 10 pages.
        Les fourches ne sont en effet certainement pas une bonne solution, et je vais lire ce livre que vous me conseillez avec intérêt, mais ce qui est sûr, c’est que ce ne sont pas les hommes qu’il faut changer, rendre inéligible celui qui se fait prendre ne dissuadera pas celui qui le remplacera. Ce sont les institutions qu’il faut revoir, la constitution, bref, il y a du boulot!

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