// Droits Libertés/// Général

L’autonomie, un danger pour qui ? // Une contribution de Didier Le Bret, Diplomate

20150208041638_54d72976f2781Autonomie : art de se gouverner par ses propres lois, par extension : indépendance. Est également, selon la philosophie morale, synonyme de liberté, puisqu’elle permet de choisir sans se laisser imposer ses choix par une autorité extérieure. Mais l’autonomie, du moins son exigence, ne va jamais de soi. Comme la liberté, elle s’acquiert.

Deux exemples, l’un venant de la médecine, l’autre de l’humanitaire.

Diminué, le malade s’en remet au médecin. N’étant plus maître de son propre corps, il transfère provisoirement à un tiers le droit de disposer de sa personne : intubation, radiographie, prélèvements, le patient subit patiemment, s’absente de lui-même pour ainsi dire le temps de la visite. Du diagnostic à la prescription, on le tient à distance. Cette approche passive du patient a heureusement évolué au cours des temps. La médecine est aujourd’hui davantage participative ; elle interroge ; elle accepte que le patient puisse choisir, voire être acteur de sa propre guérison, et l’amène progressivement à être toujours plus autonome.

Les humanitaires sont également confrontés à la même question. Dans l’urgence, il faut soigner, nourrir, héberger. Les victimes sont recensées, les besoins aussi, et l’équation dans un premier temps est relativement simple. Dans l’urgence ne compte que ce qui se mesure : nombre de vies sauvées, nombre d’amputations réussies, quantité de litres d’eau par foyers, nombre de familles sans toit abritées. Cette approche mécanique permet d’aller vite. Elle risque toutefois de passer  à côté de l’essentiel : le besoin, y compris dans la pire des situations, d’être reconnu comme acteur de sa propre survie.

Comme en médecine, la recherche de l’autonomie est le meilleur gage de succès. Pour limiter les « externalités négatives » d’une aide qui aliène, qui déplace le sujet pour en faire un objet, il faut savoir perdre du temps : écouter les victimes pour mieux comprendre leurs besoins, déceler les talents pour accueillir les bonnes volontés, encourager l’action pour ne pas se laisser enfermer  dans le statut de victimes.

Comment ne pas faire le parallèle avec l’art de gouverner ? Le bon gouvernement n’est-il pas en définitive celui qui rend les citoyens libres, acteurs de leur changement, qui accepte et fait confiance, qui émancipe, et pour tout dire, rend autonome ?

Une réflexion sur “L’autonomie, un danger pour qui ? // Une contribution de Didier Le Bret, Diplomate

  1. Comme toujours, tout est question d’équilibre. Mais on le voit bien dans le management des hommes. L’autonomie et la confiance les tirent vers le haut, tandis qu’un encadrement trop rigide, a-creatif, ou encore l’absence de délégation, conduisent à un assistanat stérile. Dans le même temps, ceux qui croient tout contrôler vivent dans une dangereuse illusion qui, dès que survient la première crise sérieuse, conduit à la catastrophe. Une chose est désormais certaine, la gouvernance d’État actuelle, qui concentre l’essentiel des pouvoirs au somment de la pyramide, ne convient plus, ni aux besoins de la France, ni aux aspiration des Français.

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