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École, de l’audace ! // Jean Michel Djian, journaliste, ancien rédacteur en chef du Monde de l’Education

ob_d818ac_ecole-ruineAu début du XXème siècle 80 % du savoir d’un enfant passait par l’école, 20% par la famille. Un siècle plus tard cette proportion s’est, selon l’OCDE,  inversée.  La très grande majorité de l’acquisition des connaissances d’un enfant issu des classes socialement peu ou défavorisées provient de la télévision, d’internet, des jeux vidéo, accessoirement de la famille. L’école, massification oblige,  ne transmet  que marginalement depuis déjà longtemps mais elle fonctionne, s’organise et éduque comme si rien ne s’était passé. La communauté éducative probablement assuré que la République ne fera jamais un sort à cette Créature qui la légitime  passe son temps à  colmater les brèches d’un système  qui prend l’eau de toute part, en particulier dans ses cales. C’est-à-dire dans des classes délabrées de la périphérie,  là où la lumière ne rentre jamais. Où personne ne veut rien voir, ni rien savoir.

Une sorte de déni, d’inhibition, de résignation  empêche toute remise en cause radicale de notre système éducatif alors que jamais la prise de conscience de son impuissance n’a été si partagée. Alors que faire pour enrayer une fois pour toute cette monstrueuse machine inégalitaire dont on perçoit  maintenant ce que ses entrailles  sont capables de produire ? Trois choses :

Défendre politiquement et uniquement l’idée que l’Ecole et la République c’est la même chose. Que l’une est la matrice de l’autre. Que les valeurs que l’une et l’autre transmettent  sont exactement les mêmes.

Faire en sorte que le métier d’enseignant s’apprenne,  au même titre que celui de médecin ou de boulanger. Ce qui n’est évidemment pas  le cas aujourd’hui.

Imaginer, en appui des enseignements  et des professeurs,  la création d’un corps volontaire de « Brigadiers  du Savoir » constitué de milliers de jeunes retraités citoyens sélectionnés qui, voulant partager leur temps, leurs expériences mais ne sachant pas où ni comment se rendre utile à la république, serait disposés à  prendre en charge, selon leur spécialités et leur profils des adolescents en difficultés dans les lycées et collèges. Il s’agit là de mettre en place un programme pensé de « service civique sénior » destiné à compenser un authentique déficit d’ « individualisation » de l’éducation  que les enseignants reconnaissent mais qu’ils sont impuissants à juguler.  Saut à continuer d’envoyer en douce ses enfants à l’école privée qui peut, devant la faillite programmée de notre système scolaire public,  prendre le risque de ne rien tenter ? 

Le chambardement c’est maintenant !

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