// Général/// Institutions

L’impossible est en cours // Une contribution de Samuel Doux, écrivain, scénariste, réalisateur

6_Lucio_Fontana_janv091Un programme politique pour tout renverser.

Bien sûr il ne s’agit pas de violence mais de pensée.  Ceux qui dirigent ont échoué. Personne n’offre plus aucune vision pour la tribu de français que nous sommes. 

Ce n’est pas faute d’avoir essayé, ceux qui nous dirigent sont cultivés, intelligents, ils maîtrisent les tenants et les aboutissants de notre monde. Mais voilà, ils ont échoué à faire de nous des citoyens concernés par notre pays, échoués à nous mobiliser et faire de nous des électeurs concernés et responsables. 

Qui a encore l’impression de faire partie d’un peuple, d’une communauté, d’une tribu ? 

Ces hommes et ces femmes sortis bien souvent des études nécessaires à être reconnus comme apte ont entretenu grâce à un monde médiatique globalement sans réserve des fractures profondes, durables, meurtrières : les pauvres et les riches, les jeunes et les vieux, les chômeurs et les actif, les musulmans et les catholiques, les laïques et les croyants, les élites et les dominés, etc.

Parce qu’au fond nous sommes d’accord : il faut moins de chômage, un meilleur système de santé, une meilleure école plus à l’écoute de ceux qui la font, plus à l’écoute des savoirs qui doivent être acquis, valoriser tous les savoirs même et surtout lorsqu’ils sont des « savoirs faire », il faut des impôts mieux répartis et intelligemment soumis aux citoyens, plus de compétitivité, du développement d’entreprises locales, il faut que le local d’ici puisse rencontrer le local de là-bas, 7-Fontana-112trouver des solutions pour les retraites, repenser la notion de travail, de son temps, de sa pénibilité, de sa productivité, il faut que l’université soit ouverte sur la société et pas un îlot tenu par des privilégiés persuadés d’être des incompris sociaux, que ses ponts soient larges et accueillants pour les citoyens et la monde privé et public. Pour tout ça nous sommes d’accord. Pour tout ça des milliers de mesures ont été déjà prises. Mesures de gauche, mesures de droite, mesures du centre parfois. Les problèmes sont toujours là. Notre malaise ne diminue. Nous appelons encore a de véritables changements.

L’incapacité des gouvernements successifs à résorber nos problèmes ne vient pas de l’échec des différentes mesures conjoncturelles plus ou moins dosées ou associées entre elles mises en place tout au long des 50 dernières années, mais vient de l’absence totale de changements structurels.

Notre système politique actuel oblige à la scission, aux clivages, les décisions sont prises moins pour ce qu’elles peuvent changer que pour la couleur qu’elles ont : trop libérale, trop sociale, quels électeurs on perd, lequel gagne-t-on, qui va voter pour moi, qu’elle majorité allons-nous avoir. Que des questions qui nous indiffèrent absolument.zkm_lucio_fontana_concetto_spaziale_attese Jamais une question. Pour ou contre la loi Macron ? Et la réforme territoriale ? Le pacte de confiance ? La loi d’urgence ? La déchéance de la nationalité ? Toutes ces questions sont assez importantes, impactes suffisamment nos vies de citoyens pour que nous en débattions, pour que nous participions activement à la décision d’adopter ou non ces idées. 

Ce ne sont donc pas les mesures qu’il faut changer, mais ceux qui les pensent, ceux qui les appliquent, ceux qui nous tiennent à l’écart. Aujourd’hui nous devons – et les outils de communication que nous possédons le permet – penser une modification profonde de nos institutions démocratiques. La démocratie représentative est morte, vive la démocratie participative ! Le pouvoir doit être entre nos mains. Mais qu’est-ce que cela veut dire concrètement ? Que les lignes démocratiques sont faîtes pour nous, pour l’expression de la tribu et non pour l’expression du dirigeant qui s’adresse à la tribu. On change le sens de la communication politique. Nous disons à ceux que nous élisons ce qu’ils peuvent faire ou non et pas l’inverse. Il faut éliminer certaines représentations politiques : municipale, cantonale, départementale, régionale, législative, présidentielles. 6 niveaux de représentations et j’en oublie certainement. C’est trop. Un groupe d’électeur = un représentant, point à la ligne. Le représentant doit pouvoir consulter son groupe rapidement. Ses décisions viennent de ce groupe. Cette simple idée – à moduler, inventer, adapter de mille façons possibles – pourrait être la base nouvelle sur laquelle nous inventorierons nos institutions de demain. 

Une autre révolution : arrêtez d’inventer dans vos bureaux des mesures qui échouent presque systématiquement et demandez-nous à nous, les citoyens, ce qu’on veut pour les retraites. Demandez, on ne mord pas. Mais attention, ne nous demandez pas de répondre OUI ou NON sur vos propositions à vous, non sollicitez et écoutez nos propositions à nous. tallAujourd’hui, il est facile d’interroger un très large groupe de citoyens sur les meilleures mesures à suivre. Il est prouvé désormais que les réponses qui ressortent de cette « intelligence collective » sont systématiquement plus juste que n’importe quelle idée sortie d’une seule tête.
Nous sommes un ordinateur organique, à nous de prendre le pouvoir. Nous n’avons pas besoin de ces systèmes fermés et infiltrés par les lobbys nous sommes les réponses à nos problèmes. Nous devrions être tellement en colère qu’un si petit nombre de personnes mettent en déroute un si grand nombre sans qu’on ne fasse rien. 
Les idées de changements institutionnelles peuvent être multiples, aucune n’est à exclure pour le moment. Il est temps d’inventer de créer ce monde auquel nous aspirons. C’est possible, nous pouvons le construire, car nous sommes notre pays, nous sommes notre pouvoir, si demain les millions d’abstentionnistes ou ceux qui votent blancs arrêtent de travailler, arrêtent de voter, arrêtent de jouer le jeu politique d’aujourd’hui que croyez-vous qu’il va se passer ?


Lucio Fontana, né le 19 février 1899 en Argentine et il est mort en septembre 1968 en Italie. Il était sculpteur et peintre, fondateur du mouvement spatialiste associé à l’art informel. Pour en savoir plus c’est ICI

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