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Lettre de Beyrouth // Une contribution de Stéphane Lagoutte, photographe

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Les libanais aiment et détestent leur pays. J’ai rarement vu une terre heurter autant ses habitants. La guerre passée est encore si proche. On y parle toujours d’une construction permanente, de la vie qui aurait su garder ses droits. J’y vois pourtant une poussière épaisse qui s’est immiscée partout, déposée là comme un voile épais sur l’innocence et la vie. Les libanais s’angoissent. Ils pensent que tout peut se perdre toujours. Alors ils jouissent. Il n’y a pas d’autre choix. Tiraillés par une insouciance rendue obligatoire par une mort toujours probable. Le Liban fait partie de ces terres trop aimées. Aimées par des parties ennemies pratiquant la haine de l’autre jusqu’au sang mais pour le moment pas prête à tout perde. Engendrer une nouvelle guerre. Alors ce presque rien, ce fil ténu, résiste aux vents, les sauve en tissant leur prison. Une cage dorée pleine d’argent et de femmes. Fissurée. La noirceur qui j’y vois n’est pas celle des abysses, mais elle est aussi profonde que la lumière est proche. Des questions insolubles refont surface sur les murs de la ville. Le communautarisme est-il la seule identité possible ? Qu’est-ce qu’un pays sans unité ? Comment comprendre la concurrence des douleurs, la moralité des combats ? Pourquoi la reconnaissance de l’autre est si difficile ? Est-ce finalement la peur de ne pas être aimé qui nous rend monstrueux ?

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