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Même pas peur // Une contribution de Nathalie Kuperman, écrivain

meme-pas-peur« Même pas peur ». C’est un mot d’enfant, c’est un titre de livre pour enfants, c’est devenu une expression langagière. C’est aussi devenu un dictat : Ne cédons pas à la peur. Et on se le répète en boucle, sous la douche, dans son lit, pour citer quelques lieux où, en principe, on ne risque rien, mais où c’est justement là qu’on interroge sa résistance à la peur. Peur de qui, peur de quoi ? Peur, tout simplement. Et pourtant, ce n’est pas si simple. Entre l’obligation morale et le sentiment intime, l’écart est grand. Pour comparer, le fait de savoir que la jalousie est un vilain défaut et la souffrance qui vrille nos avant-bras lorsque nous sommes jaloux, nous inflige une double peine : je souffre et ma souffrance n’est pas communicable parce que honteuse. Chaque fois qu’un sentiment de peur m’envahit (une valise oubliée dans une chaîne d’alimentation bio belge, une insulte visant un arable dans le bus, l’attitude agressive d’un arabe dans le métro (se sentant certes agressé par nos regards, mais vraiment, il me regardait méchamment alors que je tentais d’apaiser les tensions que je sentais naissantes, mais après tout, que pouvait-il penser de mes regards voulant apaiser les tensions ?), les intentions de vote aux départementales, les propos de Cukierman, la sortie de Roland Dumas, la remise en question du mot « amalgame », la façon dont m’a regardé un type (dont je dirais qu’il est quoi ? Français de souche ? Je n’utilise pas ces mots-là. Franco-français ? Non plus. Bref, très blanc et apparemment très con) à qui j’ai seulement demandé de parler moins fort au téléphone), je me dis : « Il faut lutter et continuer (à supposé que j’aie commencé) à se battre. Oui, mais là, c’est trop. Je suis épuisée sans avoir rien fait. Et c’est ça qui me fait peur, que ne rien faire nous épuise. Écrire ? Pas suffisant. Cesser, par exemple, de rédiger des papiers comme celui-ci où je ne sais décidément pas trouver ma place. Ma peur, c’est d’être désignée comme une ennemie, quoique je fasse, quoique je dise. Alors, peut-être, pour quitter la peur, (l’article s’arrête ici, je réfléchis)

Une réflexion sur “Même pas peur // Une contribution de Nathalie Kuperman, écrivain

  1. Merci d’envoyer la suite à l’aboutissement de la réflexion, comme dirait un red chef que je connais, on publiera ton papier quand tu l’auras fini… Merci de ne pas le prendre mal mais d’y voir une attente à la hauteur du sujet évoqué, que je suis frustré de ne pas voir plus développé 😉 Avec mes respectueuses salutations pour l’amorce ébauchée

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