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Jour de vote // Une contribution de Stéphane Lagoutte (texte) et Guillaume Binet (photos)

Jour de vote en France. À quoi pense un révolutionnaire ? À quel moment la liberté devient-elle vitale au point d’y risquer sa vie ?

Je regarde les photos de Guillaume prises lors des soulèvements du printemps 2011 en Égypte et j’essaye de percer à jour ces personnes. J’y vois tour à tour un individu qui rêve ou un guerrier déterminé. Ils ne portent pas le même combat. Ils ne porteront pas les mêmes souffrances. Et puis, il y a le révolutionnaire et celui qui prendra le pouvoir. La nature de l’un est-elle compatible avec celle de l’autre ? Bains de sang, liberté d’expression muselée. 

Je pense aux communistes Iraniens du début des soulèvements contre le Shah et qui furent ensuite victimes des exactions de l’Ayatollah. Je pense aux jeunes de la place Tahir face aux frères musulmans puis à l’état, aux militaires, tous contre tous. Je pense à l’espoir, comment nous nous y accrochons absolument dès qu’il se présente, aussi ténu soit-il. Même lorsqu’il apparaît à l’autre bout de la planète, même si on ne comprend pas bien les enjeux, nous espérons, unis enfin, que d’autres comme nous pourraient être libres. Leur courage devrait nous inspirer pour changer ici ce qui paraît quand même moins périlleux. Contraction du temps, nous, Français, Américains, Européens, sommes passés par là, la violence comme prix de la libération. Nous nous trompons. Les chemins ne sont jamais les mêmes et il n’y a pas de but ultime, commun, de peuple mondial. Nous sommes des singularités. Nous pensons nos systèmes politiques, économiques, sociaux comme des modèles. Nous portons l’individu au rang de roi, 66 millions de rois et l’altérité n’existe plus. C’est une mortelle contradiction. 

Je regarde cette image d’un jeune égyptien, dans la nuit, la tête enroulée dans son écharpe et son regard avide de liberté, prêt aux pires extrémités pour ça. Et derrière lui ce fond, éclairé de lampadaires, qui, dans l’approximation du flou pourrait évoquer les bâtiments haussmanniens des bords de la place de la République. Mais ce regard n’est pas d’ici. Il est celui d’un garçon rendu fou par l’oppression et avide de liberté que seule une révolution peut rendre raisonnable.

Mass protest against the government. Cairo Mass protest against the government. Cairo Mass protest against the government. Cairo Mass protest against the government. Cairo Mass protest against the government. Cairo Mass protest against the government. Cairo Mass protest against the government. Cairo Mass protest against the government. Cairo Mass protest against the government. Cairo Mass protest against the government. Cairo Mass protest against the government. Cairo Mass protest against the government. Cairo

Un lien pour en savoir plus sur Guillaume Binet c’est ICI

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